Oops... I dit it Again! Récit d'un 2ème 100 Miles en 2 mois: Oil Creek 100



Le weekend de l'action de grâce (11-12 octobre), je prenais part au 100 Miles d'Oil Creek, à Titusville en Pennsylvanie. Il s'agissait de ma deuxième course de 100 Miles en moins de deux mois et de ma troisième course de 100 Miles à vie. Depuis le 100 Miles d'Eastern States, j'ai effectué un maintien à l'entraînement sans trop faire de volume de fou ni d'intensité. À ma grande surprise, j'ai très bien récupéré du Eastern States pendant cette période et j'était fin prêt pour un nouveau défi!

Le parcours d'Oil Creek consiste à faire 3 boucles de 50km et une boucle de 10 km, pour un dénivelé total de 5000m. Suite à mon résultat de 30 heures 20 minutes à Eastern States, je m'étais fixé comme objectif de terminer sous la barre des 28 heures, ce qui en réalité fût un objectif plus que réaliste...

Voici le récit de cette course mémorable:

VENDREDI:

Pour l'occasion, j'ai eu la chance d'être accompagné de mon bon ami Bernard qui, avec sa grande générosité, m'offrait un soutien aux stations de ravitaillement et a couru une portion de nuit avec moi. Nous avons donc pris la route en direction de Titusville le vendredi matin. Un trajet d'environ 9 heures de route mais qui a passé assez rapidement avec toutes les niaiseries qu'on a pu dire et surtout avec les jeux de mots sur les noms de ville des pancartes d'autoroute que je vais vous épargner pour votre plus grand bien!

Nous arrivons vers 4h30 au quartier général de la course qui est une école secondaire. Plusieurs coureurs ont piqué leur tente à l'extérieur. Bernard et moi avons plutôt opté pour l'option de dormir dans le gymnase de l'école puisque la nuit s'annonçait assez fraîche. Une fois arrivé dans le stationnement, j'aperçois un visage familier. Celui du bénévole de la station où j'ai souffert d'hypothermie au 100 Miles d'Eastern States. Voir le récit ici! Il me reconnait et nous jasons un peu. Il est à Oil Creek pour courir le 50 km. La course d'Oil Creek offre un 50km, un 100km et un 100 Miles.

Nous nous dirigeons ensuite vers l'école pour aller chercher ma trousse du coureur et pour aller réserver une place de choix dans le gymnase. C'est Brian qui s'occupe de l'inscription, un coureur que j'ai rencontré au Eastern States! Brian est un coureur qui s'implique beaucoup et surtout, un motivateur hors-pair! Il va courir le 50km et ensuite faire du bénévolat à la station de ravitaillement #2. Nous en profitons pour lui demander un lift pour Bernard puisque mon fidèle compagnon va courir du km 122 jusqu'au km 150 avec moi pendant la nuit. Brian pourra lui donner un lift vers 11h, ce qui est parfait puisque mon arrivée à cette station (pour un rythme de 28 heures) est prévue vers minuit et demie,

S'en suit un souper spaghetti où nous avons l'occasion de discuter avec pleins de coureurs. L'un d'eux nous invite même à aller prendre une bière à la brasserie locale, le ''Blue Canoe''. Nous avions comme plan d'y aller. Toutefois, en allant chercher des trucs à la voiture nous avons croiser un coureur français qui habite en Virginie ainsi qu'une québécoise, Élise. Malgré l'air frais de la soirée, nous discutons dans le stationnement. Élise en est à sa 5ème course de 100 Miles cette année. C'est remarquable! Nous parlons de la course et le froid sera définitivement un facteur important puisque dans la nuit du samedi au dimanche, on annonce des températures frôlant le point de congélation. La bonne nouvelle est qu'aucune précipitation n'est prévue pour le weekend.

Nous allons ensuite nous installer dans le gymnase pour la nuit. Nous n'avions pas prévu que les lumières de sécurité demeureraient allumées pendant la nuit. Un masque de nuit aurait été une bonne idée dans ces circonstances. Je vais toutefois me contenter de bouchons pour le bruit... Ce n'est pas un sommeil très réparateur mais on dort jamais comme un bébé la veille d'un 100 Miles de toute manière.

SAMEDI: 

Je me lève à 3h00 puisque le départ est prévu pour 5h00. Je m'habille et prépare tout mon équipement en m'assurant de ne rien oublier. Il fait environ 5-7 degrés à l'extérieur alors j'opte pour partir avec un t-shirt, des manchettes et des shorts. Je me dirige ensuite à la cafétéria pour aller déjeuner. Mon classique d'avant course est un bagel avec du beurre d'arachide et un café. Le café est assez mauvais merci! À partir de 4h00, je vais chercher ma puce électronique que j'attache à ma cheville. S'en suit une courte réunion d'avant-course.




DÉPART À LA STATION #1: 

Moins de 2 minutes avant le départ nous nous dirigeons à l'extérieur pour le départ, histoire de ne pas avoir trop froid. Le départ est donné à 5h00 précisément et je regarde ma montre et l'heure concorde avec le départ à quelques secondes près.








Le parcours de 50km comporte, en alternance, des stations de ravitaillement avec seulement des cruches d'eau et des stations avec nourriture. Les équipes techniques (crew) sont seulement autorisés à offrir leur support à la station #2 qui est situé au km 22. Comme à chaque course, j'utilise une montre chrono avec une ''pacing chart''. J'ai indiqué des temps de passage pour une arrivée en 28 heures. Ma stratégie d'hydratation consiste donc à partir avec une bouteille à main. C'est parfait puisque je ne suis pas un grand fan des sacs d'hydratation à moins que j'y sois contraint étant donné l'éloignement des stations de ravito.


Nous sommes environ 140 coureurs à nous élancé sur le 100 Miles. Avant de rejoindre les sentiers, nous avions une portion d'environ 2 km de piste cyclable. Je m'assure de décoller à un rythme assez conservateur car la journée sera longue et la gestion de l'effort est très importante dans une course titanesque de 100 Miles. En arrivant dans les sentiers, ça monte légèrement et j'opte pour un jogging léger plutôt que de marcher puisque la pente est faible et que le niveau d'énergie me permet de courir à ce stade très primaire de la course. Le début de course est légèrement technique et le rythme des coureurs qui me précèdent est plutôt lent. J'aurai l'occasion de les dépasser plus tard, ce n'est pas le moment de s'énerver.

Nous finissons par arriver à une jonction et la flèche nous indique de prendre à droite. En fin de course, on prendra à gauche dans la dernière boucle de 10 km. À ce croisement se trouve des cruches d'eau mais ma bouteille à main est encore presque pleine. Je poursuit ma route pour finalement arriver à la première station de ravitaillement. Celle-ci est illuminée avec des lumières de Noël. C'est toujours magique de courir de nuit et d'arriver dans une station illuminée de telle sorte. J'en profite pour remplir ma bouteille et manger un sandwich au beurre de peanut et confiture en complément de déjeuner. À ce stade, j'ai déja 40 minutes d'avance sur mon temps de passage.

STATION #1 À STATION #2:

Je poursuis ma route dans la pénombre et la station est immédiatement suivie d'une bonne montée assez à pic. Je marche à un bon rythme. S'en suit une section assez roulante et une autre côte qui porte le nom de ''Neverending hill''. Elle porte très bien son nom puisque malgré sa faible inclinaison, elle ne semble jamais finir... Une fois cette portion franchie, on navigue à travers d'immenses roches nommées ''House size rocks'' et cela arrive en même temps que le levé du soleil. Quel spectacle magnifique. Un peu plus loin, on passe près d'anciennes reliques d'extraction du pétrole. Je regarde alors ma montre et j'ai l'impression que la station de ravitaillement #2 n'est plus bien loin. J'éprouve une crainte par rapport au fait que Bernard ne sera peu-être pas arrivé à temps...

Lorsque j'arrive près de la station, j'aperçois ma voiture: soulagement! Lorsque j'arrive tout près de la station, il y a une glissoire pour enfants. Je grimpe dedans sans hésiter et au grand plaisir de Bernard et des bénévoles, je donne un show en glissant et en me dirigeant jusqu'au tapis électronique et aux tables de nourritures. Ça représente très bien le plaisir que j'éprouve à prendre part à une telle épreuve. Je donne ma lampe frontale à Bernard, je mange un peu et je repars pour une autre portion de 28 km qui me ramènera au point de départ.

STATION #2 À STATION #3:

À peine quelques centaines de mètres après la station se dresse la côte ''Trophy Heisman Hill'' qui est relativement courte. La section qui suit est sans contredit la plus rapide du parcours et ça me permet de prendre un bon rythme sans trop exagérer. Je croise une petite station avec des cruches d'eau et en prenant le temps de regarder mon ''pacing chart'' et en regardant le temps écoulé depuis la deuxième station, je me dis que ça ne peut être la vraie station d'eau. Une trentaine de minutes plus tard, j'aperçois des gens autour d'un feu qui prennent en note notre numéro de dossard. C'est donc là la fameuse station d'eau. Il ne me reste plus que 6 km à parcourir avant d'arriver à la station #3.

La section qui suit est également assez roulante, à mon plus grand bonheur. Un peu avant d'arriver à un chemin de terre, une photographe se trouve dans le bois, signe que la station n'est plus bien loin. Je la remercie et lui fait un beau sourire! :)



Lorsque j'arrive à la station, la bonne humeur est au rendez-vous. Je me ravitaille, jase un peu avec les bénévoles et je repars!

STATION #3 À STATION #4:

La troisième station est suivie d'une côte relativement pentue qui se nomme ''Cemetery Hill''. Des pierres tombales se trouvent en pleine forêt et ça donne un cachet particulier au parcours. Point de vue température, il fait environ 10 degrés et tout dépendant de l'endroit où l'on se trouve, on peut faire face à des petites brises de montagne. C'est très confortable et on est bien pour courir! Life is good!

Après 4 km, j'arrive au point de ravitaillement en eau. S'en suit une section de 9 km avec quelques bonnes montées et des sections assez techniques avec des roches recouvertes de feuille. Les paysages d'automne sont magnifiques et je suis littéralement en amour avec le parcours. On est encore en début de course alors ma relation amour/haine avec le parcours est encore très positive!

Je fini par sortir des sentiers pour arriver sur une route près d'un pont. Avant de franchir le pont, nous avons un petit détour à faire afin que le kilométrage de la boucle soit exactement de 50km.

Je termine la première boucle en un excellent temps de 6h15 sans avoir l'impression d'être parti trop vite. Lorsque j'arrive à la station de ravitaillement, Bernard lit son livre et ne remarque pas mon arrivée avant que je l'appelle! Il ne s'attendait pas à me voir arriver aussi vite Il est 11h15! J'ai plus de 2 heures d'avance sur mon objectif de 28 heures. Ma pacing chart ne vaut désormais plus grand chose! Je profite de ma pause pour boire de l'eau de coco, pour réappliquer de la vaseline vous savez où, pour manger un peu et pour changer de vêtements. Je porte désormais un chandail technique à manche longue avec ma camisole de Eastern States et ma casquette de Eastern States. Je mentionne à Bernard qu'il va probablement devoir annuler son lift avec Brian et se rendre plus tôt à la station #2 pendant la nuit car je suis en avance sur mon échéancier!

2ÈME BOUCLE:

En repartant pour la seconde boucle, un spectateur m'aperçois avec mes vêtements du Eastern States et me dit: ''If you have done Eastern States, you can overcome anything''. Je le remercie pour ses encouragements et je reprend la route plus motivé que jamais. Je crois Élise sur la piste cyclable et la salue! L'énergie est très bonne malgré 50km dans les pattes.

Tout va bien jusqu'à la station #1. Ensuite, petite baisse de régime mais rien de dramatique. Je fini par repasser près des reliques de pétrole. Voici une photo! C'est à couper le souffle!


Je fini par retrouver Bernard à la station #2 avec seulement 12 minutes de plus lent que lors de mon premier tour, ce qui est très encourageant. Encore une fois, la glissade est à l'honneur et le plaisir est toujours au rendez-vous.



J'en profite pour échanger ma casquette contre un bandeau et ma lampe frontale puisque je ne suis pas totalement convaincu de pouvoir conclure la seconde boucle avant le couché du soleil prévu entre 6h30 et 7h00.

Entre la deuxième et la quatrième station, je rencontre Dawn, une coureuse de 59 ans qui est très en forme et qui est détentrice du record sur le 100km du Vermont. Nous courons au même rythme et jasons. Dawn est grand-mère de deux petits enfants et laissez-moi vous dire que Mamie est dans une forme resplendissante! Ça me donne une grande dose d'inspiration! Je suis franchement très impressionné! Je fini par prendre les devants.

Lorsque je sors des sentiers, j'aperçois Brian et je lui dis que malheureusement Bernard ne prendra pas de lift avec lui puisque je suis très en avance sur mes temps de passage. Il me répond: Because you're freakin awesome! Encore un encouragement fortement apprécié. Il me dit de me changer pour des vêtements chauds et secs puisque la nuit sera froide.

Je conclu la seconde boucle en 7h20, soit seulement 1h05 de plus lent que la première boucle. Un total de 13h35 pour 100km, pas si mal! J'arrive juste avant que le soleil se couche. Bernard est encore très impressionné par mes temps de passage. Je mange un grilled cheese pour souper. Je m'habille chaudement: chandail en laine Mérino, coupe-vent, tuque, gants. Je ne m'éternise pas trop et je repars

3ÈME BOUCLE:

Je recroise Élise exactement au même endroit sur la piste cyclable et la salue à nouveau. Je sais pertinemment que la troisième boucle ne sera pas aussi rapide en raison de la fatigue accumulée, de la difficulté à naviguer de nuit et au froid.

Un peu avant d'arriver à la première station, j'entend des craquements dans la forêt et en retournant ma tête afin d'éclairer avec ma lampe frontale, j'aperçois un chevreuil qui gambade. :)

Je rejoins Bernard à la deuxième station. Mon rythme est déjà plus lent que les deux premières boucles et la noirceur y est pour beaucoup. Il commence à faire de plus en plus froid. Bernard qui attend depuis un certain moment a froid également et nous repartons!

J'apprécie grandement son support et la portion qui suit commence à être plus éprouvante mentalement. J'ai un peu froid aux mains mais dans l'ensemble je n'ai pas si froid.

La station d'eau ne semble jamais arriver et lorsque nous arrivons, les bénévoles sont assis autour d'un feu! Les chanceux!

Lorsque nous rejoignons le chemin de terre, je dis à Bernard que la station de ravito est très près. Il me répond: tu penses? Je lui rappelle que j'en suis à ma troisième boucle sur le parcours! Ahaha

Une fois arrivé à la station, je demande un bouillon de poulet mais il n'est pas encore prêt. Je me contente donc d'un café et je m'assois près du feu. Après quelques minutes dans lesquelles je commence à être plutôt confortable, je dis à Bernard que c'est le temps de repartir avant d'y prendre goût.

Nous repartons avec Cemetery Hill et c'est l'occasion de se réchauffer. À partir de ce point, mon  rythme de course diminue drastiquement mais le fait de marcher trop longtemps me refroidi alors j'opte pour un jogging léger dans les sections les moins techniques.

Nous finissons par rejoindre le quartier général vers 4h15 du matin. La soupe poulet et nouille est plus que la bienvenue. J'en profite pour rajouter une couche de vêtement.

Je repartirai en solo pour le dernier 10 km et Bernard préparera le stock pour que je puisse prendre ma douche après mon arrivée.

DERNIÈRE BOUCLE DE 10 KM:

Pas évident de repartir pour un petit 10 km quand on passe près de la ligne d'arrivée mais bon, ça ne serait pas un 100 Miles sinon!

Selon mon évaluation du parcours, le dernier 10 km n'est pas si difficile: grossière erreur. Une fois qu'on rejoint l'embranchement du début et qu'on tourne à gauche, on fini par traverser un pont et la plus grosse montée de la course se dresse devant nous: Truth Hill: la côte de la vérité.

Cette côte nous ramène complètement en haut de la montagne. La fatigue se fait sentir et je me surprend à m'endormir en courant! J'opte pour la marche dans les sections les plus techniques pour plus de sécurité!

En haut de la montagne, je me fait dépasser par une fille qui, par la vitesse à laquelle elle me dépasse, doit avoir très hâte de finir. Je réaliserai plus tard que c'était Élise!

Dans mon cas, j'arriverai quand j'arriverai!

Je fini par arriver près du petit pont à la sortie des sentiers et la bonne nouvelle est que sur la dernière boucle, inutile de faire la petite boucle d'extra. Je traverse donc le pont avec un cri de joie en mentionnant au bénévole que je m'en vais à la maison: Going Home!

Je cours à un bon rythme sur la piste cyclable et je fini par franchir la ligne d'arrivée en un temps de 25 heures 28 minutes et 35 secondes, ce qui me vaut la 26ème place sur 92. Une quarantaine de coureurs ont abandonné, principalement en raison du froid.

C'est sans doute l'arrivée la moins glorieuse que j'ai vécu dans les nombreuses courses auxquelles j'ai pris part: deux bénévoles se déplacent pour m'applaudir, Bernard me prend en photo et le directeur de course m'attend pour me remettre la fameuse boucle de ceinture remise aux finishers du 100 Miles.

Je savoure pleinement le moment.

Bien qu'on ne puisse comparer des temps sur différents parcours, je suis à seulement 20 minutes de mon meilleur temps (25h08min au Vermont 100) sur un parcours ayant 1000m. de plus de dénivelé et plus exigeant techniquement. Un beau signe d'amélioration.

Après la course, je vais décompresser à la cafétéria avec Bernard, les yeux à moitié dans la graisse de bine! Élise vient nous rejoindre et nous jasons un peu. Elle a terminé 15 minutes avant moi. Son prochain 100 Miles est dans 3 semaines! Dans mon cas, repos complet pour 3 semaines.

En analysant mes temps de passage au 50km et au 100km, j'aurais terminé 24ème sur 140 au 50km et 10ème sur 63 au 100km. Pas si mal!

Nous allons ensuite prendre notre douche et en sortant de la douche j'aperçois un coureur qui est venu se réchauffer dans les vestiaires. Il lui reste la dernière boucle de 10km à parcourir. Je lui souhaite bon courage!

Nous allons ensuite déjeuner au McDo et prenons la route du retour vers 8h!

Inutile de vous dire que j'ai dormi comme un bébé la nuit suivante!

Je tiens à remercier mon fidèle compagnon Bernard sans qui cette belle aventure n'aurait sans doute pas eu lieu. Merci aussi à mon coach Éric pour la super préparation et pour ses précieux conseils.

2 fois 100 Miles en deux mois c'est possible! Maintenant repos!

Impossible is not a fact, it's an opinion!

Rien de prévu avant la prochaine saison!


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